Hernani. Si quelque chose devait nous rapprocher de Victor Hugo - l'illustre bisontin dont on commémore actuellement le bicentenaire de la naissance - c'est sans doute la bataille d'Hernani, archétype de la querelle des anciens et des modernes. Associés aux formes les plus actuelles de la musique, les plus innovantes, les plus exigeantes, voire parfois les plus déroutantes, nous n'échappons pas à ce débat récurrent. Nous ne cherchons pas non plus à l'esquiver, nous nous appliquons plutôt à le provoquer. Car Jazz en Franche-Comté, comme tous les festivals du réseau AFIJMA (association des festivals innovants en jazz et musiques actuelles) auquel il appartient, défend une programmation voulue et réfléchie (tel le réseau " art et essai " pour le cinéma) non pas sur un suivi béat de l'audimat ou du politiquement correct, mais construite sur une idée militante et progressiste du jazz : contemporain, créatif, généreux, volontiers métissé& loin du consensus mou des programmations convenues.
Et le programme, cette année encore, n'échappe pas à la règle. Humour ravageur, dévastateur et décapant avec la Compagnie Lubat ou ICP Orchestra, ludisme absolu du côté des Diaboliques ou du duo Frith-Drouet, émotion et nostalgie chez François Tusques, voyage et onirisme avec le duo Marc Perrone-Patrick Scheyder ou Navigatore de Renaud Garcia-Fons, image forte de fête avec le trio haut de gamme Miroslav Vitous, Michel Portal, Mino Cinelu& Bon festival à tous.